mardi 12 novembre 2013

Greenpeace calls six French companies to release its activists


 

Greenpeace interpelle six entreprises françaises pour faire libérer ses militants
Publié le 08-11-2013  «  Novethic »


Alors que les 30 militants qui protestaient contre l'exploitation pétrolière de l'Arctique sont toujours derrière les barreaux, l'ONG demande à six grands groupes français ayant des relations commerciales avec Gazprom d'influencer le géant du gaz russe afin d'obtenir leur libération. Elle évoque pour cela leur adhésion au Pacte Mondial des Nations Unies, qui invite à défendre, entre autres, les droits de l'homme et la liberté d'expression et leurs engagements en matière de RSE.
Les entreprises ont un rôle clef à jouer dans la libération des 30 militants de Greenpeace toujours détenus en Russie (lire aussi Arctique : Greenpeace en prison, Gazprom a le champ libre). C’est en tout cas la conviction de l’ONG, qui a adressé, mi-octobre, un courrier à six entreprises françaises :  GDF Suez, BNP Paribas, Renault, Total, Air Liquide et Lazard Frères. Objectif : organiser une rencontre pour discuter d’une intervention auprès de Gazprom afin d’accélérer la libération des membres d’équipage de l’Arctic Sunrise. Si Greenpeace s’est adressée à ces entreprises, c’est en raison de leurs relations commerciales importantes avec le géant du gaz russe. GDF Suez en est le meilleur exemple : le groupe français, principal partenaire de Gazprom en France, achète et distribue la grande majorité du gaz russe importé dans l’Hexagone. Une partie du gaz importé est même transformée par GDF en gaz liquéfié, puis livré vers la Russie. Les deux entités sont également liées par des accords d’exploitation et d’exploration de gisements, ou encore par un partenariat sur le projet de gazoduc Northstream qui traverse le nord de l’Europe. Dans une moindre mesure, les autres groupes approchés disposent eux aussi d’accords commerciaux avec Gazprom : Total bénéficie de plusieurs partenariats avec Gazprom en Russie, et a présenté, en septembre 2013, une nouvelle proposition sur la manière de développer le champ gazier de Shtokman, dans l'Arctique. De même, Air Liquide a récemment signé un protocole d’accord avec le groupe russe pour l’exploitation du gisement d’hélium de Chayanda en Sibérie orientale.
« Les entreprises françaises sous-estiment l’influence qu’elles peuvent avoir. Gazprom reste très attaché au maintien de bonnes relations commerciales avec ses partenaires, notamment en Europe de l’Ouest. Cela représente un bon levier d’influence », ajoute Frédéric Amiel. Ce levier a d’ailleurs été activé par d’autres groupes étrangers, à l’image du pétrolier ENI. Son directeur exécutif Paolo Scaroni,  a écrit au  directeur général de Gazprom Alexey Miller : « En tenant compte de votre stature, un appel à la clémence de votre part pourrait bénéficier aux personnes emprisonnées et permettre à l’industrie énergétique dans son ensemble d’avoir un dialogue plus constructif et transparent avec tous les interlocuteurs ».  Le Président finlandais de Shell, pour sa part, a publiquement appelé à la libération de la militante finlandaise de l’organisation environnementale. En s’adressant à BNP Paribas, Greenpeace visait plutôt sa qualité d’actionnaire puisqu’il détient 0,06% du capital du groupe russe et gère plusieurs millions d’euros d’obligation émises par Gazprom.
Respect du Pacte Mondial
Pour Greenpeace, un engagement fort de ces groupes est d’autant plus nécessaire qu’ils ont tous signé, à l’exception d’Air Liquide, le Pacte Mondial des Nations Unies. Le premier principe de ce pacte précise : « Le respect des droits de l'homme ne relève pas seulement des gouvernements et des Etats (…) Dans le cadre de leur engagement vis-à-vis du Pacte Mondial, les entreprises ont l'obligation de faire respecter les droits de l'homme à la fois sur leur lieu de travail et, plus largement, dans leur sphère d'influence. » Le second principe de ce Pacte aborde la notion de complicité de violations des droits de l’homme et indique : « Enfin, il y a complicité silencieuse si, tout en ne contribuant pas directement à des violations des droits de l'homme, en n'encourageant pas celle-ci, et tout en ne bénéficiant pas de violations commises par d'autres, l'entreprise en question reste muette face à des cas flagrants de violation des droits de l'homme. »
Pour Frédéric Amiel, chargé de campagne pour Greenpeace France, « cette affaire est l’occasion de tester l’engagement de ces entreprises, qui rappellent leurs valeurs dans chaque rapport annuel. Nous avons là un cas d’urgence pour vérifier leur bonne foi ». Pour l’ONG, ces grandes entreprises sont en capacité de faire respecter les droits internationaux. Greenpeace espère qu’elles useront de leur pouvoir financier pour faire infléchir Gazprom, et donc son actionnaire majoritaire l’Etat Russe. Ajoutée à la diplomatie classique pilotée par le gouvernement français, cette pression commerciale pourrait amener le Kremlin à assouplir sa position.
Pour l’heure, l’appel de Greenpeace tarde à se faire entendre. Seul Total a répondu favorablement à la demande de l’ONG, et une rencontre est prévue prochainement. En revanche, Air Liquide et BNP Paribas ont fait savoir à Greenpeace qu’elles n’avaient aucune influence sur cette affaire. Lazard Frères et GDF Suez ont indiqué réfléchir à une rencontre, tandis que le courrier adressé à Renault est resté lettre morte.

 


Greenpeace interpelle six entreprises françaises pour faire libérer ses militants Greenpeace calls six French companies to release its activists
Publié le 08-11-2013 « N ovethic » Published on 08-11-2013 "Novethic"


Alors que les 30 militants qui protestaient contre l'exploitation pétrolière de l'Arctique sont toujours derrière les barreaux, l'ONG demande à six grands groupes français ayant des relations commerciales avec Gazprom d'influencer le géant du gaz russe afin d'obtenir leur libération. While 30 activists protesting against oil exploration in the Arctic are still behind bars, the NGO asked six major French companies having business relations with Gazprom to influence the Russian gas giant to obtain their release. Elle évoque pour cela leur adhésion au Pacte Mondial des Nations Unies, qui invite à défendre, entre autres, les droits de l'homme et la liberté d'expression et leurs engagements en matière de RSE. It refers to that joining the UN Global Compact, which calls to defend, among others, human rights and freedom of expression and their commitments to CSR.
Les entreprises ont un rôle clef à jouer dans la libération des 30 militants de Greenpeace toujours détenus en Russie (lire aussi Arctique : Greenpeace en prison, Gazprom a le champ libre ). Businesses have a key role to play in the release of 30 Greenpeace activists still detained in Russia role (see also Arctic: Greenpeace in prison, Gazprom has free field ). C'est en tout cas la conviction de l'ONG, qui a adressé, mi-octobre, un courrier à six entreprises françaises : GDF Suez, BNP Paribas, Renault, Total, Air Liquide et Lazard Frères. In any case, the conviction of the NGO, which sent in mid-October, a letter to six French companies GDF Suez, BNP Paribas, Renault, Total, Air Liquide and Lazard Freres. Objectif : organiser une rencontre pour discuter d'une intervention auprès de Gazprom afin d'accélérer la libération des membres d'équipage de l'Arctic Sunrise. Objective: To arrange a meeting to discuss a response from Gazprom to speed up the release of the crew of the Arctic Sunrise members. Si Greenpeace s'est adressée à ces entreprises, c'est en raison de leurs relations commerciales importantes avec le géant du gaz russe. If Greenpeace is addressed to these companies is due to their important commercial relations with the Russian gas giant. GDF Suez en est le meilleur exemple : le groupe français, principal partenaire de Gazprom en France, achète et distribue la grande majorité du gaz russe importé dans l'Hexagone. GDF Suez is the best example of the French group, the main partner of Gazprom in France, buys and distributes the vast majority of Russian gas imported into France. Une partie du gaz importé est même transformée par GDF en gaz liquéfié, puis livré vers la Russie. Part of imported gas is even transformed by GDF liquefied gas, then shipped to Russia. Les deux entités sont également liées par des accords d'exploitation et d'exploration de gisements, ou encore par un partenariat sur le projet de gazoduc Northstream qui traverse le nord de l'Europe. The two entities are bound by operating agreements and mining fields, or by a partnership of the North Stream gas pipeline project across northern Europe. Dans une moindre mesure, les autres groupes approchés disposent eux aussi d'accords commerciaux avec Gazprom : Total bénéficie de plusieurs partenariats avec Gazprom en Russie, et a présenté, en septembre 2013, une nouvelle proposition sur la manière de développer le champ gazier de Shtokman, dans l'Arctique . To a lesser extent, other groups have approached them as trade agreements with Gazprom: Total has several partnerships with Gazprom in Russia, presented in September 2013, a new proposal on how to develop the Shtokman gas field in the Arctic . De même, Air Liquide a récemment signé un protocole d'accord avec le groupe russe pour l'exploitation du gisement d'hélium de Chayanda en Sibérie orientale. Similarly, Air Liquide has recently signed a Memorandum of Understanding with the Russian group to operate the helium Chayanda field in Eastern Siberia.
« Les entreprises françaises sous-estiment l'influence qu'elles peuvent avoir. "French companies underestimate the influence they can have. Gazprom reste très attaché au maintien de bonnes relations commerciales avec ses partenaires, notamment en Europe de l'Ouest. Gazprom remains very committed to maintaining good business relations with our partners, including Western Europe. Cela représente un bon levier d'influence » , ajoute Frédéric Amiel. This is a good lever of influence, "says Frédéric Amiel. Ce levier a d'ailleurs été activé par d'autres groupes étrangers, à l'image du pétrolier ENI. This lever has also been activated by other foreign groups, like the oil ENI. Son directeur exécutif Paolo Scaroni, a écrit au directeur général de Gazprom Alexey Miller : « En tenant compte de votre stature, un appel à la clémence de votre part pourrait bénéficier aux personnes emprisonnées et permettre à l'industrie énergétique dans son ensemble d'avoir un dialogue plus constructif et transparent avec tous les interlocuteurs ». Le Président finlandais de Shell, pour sa part, a publiquement appelé à la libération de la militante finlandaise de l'organisation environnementale. Its executive director Paolo Scaroni, wrote to the Director General of Gazprom Alexey Miller: "Taking into account your height, a plea for mercy on your part could benefit people imprisoned and allow the energy industry as a whole have a more constructive and transparent dialogue with all stakeholders. "Finnish President Shell, for its part, has publicly called for the release of the Finnish environmental activist organization. En s'adressant à BNP Paribas, Greenpeace visait plutôt sa qualité d'actionnaire puisqu'il détient 0,06% du capital du groupe russe et gère plusieurs millions d'euros d'obligation émises par Gazprom. Speaking to BNP Paribas, Greenpeace was rather a shareholder since it holds 0.06% stake in the Russian company and manages several million bond issued by Gazprom.
Respect du Pacte Mondial Respect of the Global Compact
Pour Greenpeace, un engagement fort de ces groupes est d'autant plus nécessaire qu'ils ont tous signé, à l'exception d'Air Liquide, le Pacte Mondial des Nations Unies. Greenpeace, a strong commitment of these groups is all the more necessary that they all signed, with the exception of Air Liquide, the Global Compact of the United Nations. Le premier principe de ce pacte précise : « Le respect des droits de l'homme ne relève pas seulement des gouvernements et des Etats (…) Dans le cadre de leur engagement vis-à-vis du Pacte Mondial, les entreprises ont l'obligation de faire respecter les droits de l'homme à la fois sur leur lieu de travail et, plus largement, dans leur sphère d'influence. The first principle of this agreement states: "Respect for human rights is not only governments and states (...) As part of their commitment vis-à-vis the Global Compact, companies are required enforce human rights both in the workplace and, more broadly, within their sphere of influence. » Le second principe de ce Pacte aborde la notion de complicité de violations des droits de l'homme et indique : « Enfin, il y a complicité silencieuse si, tout en ne contribuant pas directement à des violations des droits de l'homme, en n'encourageant pas celle-ci, et tout en ne bénéficiant pas de violations commises par d'autres, l'entreprise en question reste muette face à des cas flagrants de violation des droits de l'homme. "The second principle of the Covenant discusses the concept of complicity in violations of human rights and states:" Finally, there is so silent complicity, while not directly contribute to violations of human rights, do not encourage it, and while not benefiting from abuses by others, the company in question is silent in the face of flagrant violations of human rights. » "
Pour Frédéric Amiel, chargé de campagne pour Greenpeace France, « cette affaire est l'occasion de tester l'engagement de ces entreprises, qui rappellent leurs valeurs dans chaque rapport annuel. For Frédéric Amiel, Campaigner for Greenpeace France, "This case is an opportunity to test the commitment of these companies, who recall their values ​​in each annual report. Nous avons là un cas d'urgence pour vérifier leur bonne foi » . Here we have an emergency to check their bona fides. " Pour l'ONG, ces grandes entreprises sont en capacité de faire respecter les droits internationaux. For the NGOs, these large companies have the capacity to enforce international human rights. Greenpeace espère qu'elles useront de leur pouvoir financier pour faire infléchir Gazprom, et donc son actionnaire majoritaire l'Etat Russe. Greenpeace hopes that they will use their financial power to influence Gazprom, the majority shareholder and therefore the Russian state. Ajoutée à la diplomatie classique pilotée par le gouvernement français, cette pression commerciale pourrait amener le Kremlin à assouplir sa position. Added to traditional diplomacy led by the French government, the commercial pressure could cause the Kremlin to soften its position.
Pour l'heure, l'appel de Greenpeace tarde à se faire entendre. For now, call Greenpeace soon be heard. Seul Total a répondu favorablement à la demande de l'ONG, et une rencontre est prévue prochainement. Total only responded positively to the request of the NGO, and a meeting is planned soon. En revanche, Air Liquide et BNP Paribas ont fait savoir à Greenpeace qu'elles n'avaient aucune influence sur cette affaire. However, Air Liquide and BNP Paribas have informed Greenpeace that they had no influence on this case. Lazard Frères et GDF Suez ont indiqué réfléchir à une rencontre, tandis que le courrier adressé à Renault est resté lettre morte. Lazard Brothers and GDF Suez said in a meeting thinking, while the letter to Renault went unheeded.